Le calvaire de Lawson Craddock, ex-leader du TPV

Il aura été l’un des souffre-douleur du Tour de France 2018. Victime d’une chute entre Noirmoutier et Fontenay-le-Comte qui l’a laissé avec le visage tuméfié et un trait de fracture à l’omoplate gauche, l’Américain Gregory Lawson Craddock (26 ans), a trainé sa peine en queue de peloton du premier au dernier jour ! Lanterne rouge, bien loin des protagonistes de la course pour le maillot jaune. Mais l’ex-leader du Tour du Pays de Vaud 2010 s’est accroché, a roulé au courage, chaque jour durant trois semaines. Et il a tenu, a réussi à terminer sur les Champs Elysées et cet exploit mérite un immense coup de chapeau !

Incapable de pédaler en danseuse, le Texan d’Education First a dû franchir les cols assis sur la selle, ne pouvant tirer sur les bras, sans jamais se plaindre, acceptant bien malgré lui cette situation très pénible et inconfortable. On imagine son calvaire ! Au fil des jours, on l’a vu petit à petit tenter de rouler un peu devant, comme entre Bourg-d’Oisans et Valence (13ème) et au début de Carcassonne-Bagnères de Luchon (16ème). Alors, après le chrono d’Espelette, quand il a su qu’il serait à Paris, il s’est effondré en larmes. Pour se motiver, il avait eu l’idée de lancer sur le web une récolte de fonds afin d’aider à réparer le vélodrome où il a fait ses débuts, à Houston, et qui a souffert suite au passage de l’ouragan Harvey en automne 2017. Chaque jour, à chaque fois qu’il avait réussi à franchir la ligne d’arrivée, il mettait lui-même de sa poche 100 dollars dans la cagnotte, soit 2100 $ au total. Un beau geste, mais le plus important est que son initiative a réuni plus de 150'000 $ pour les travaux à effectuer.

Révélé par le TPV 2009 (vainqueur du chrono Aigle-Yvorne), Craddock s’était classé 3ème du TPV 2010, détrôné le dernier jour entre La Chaux/Cossonay et Aubonne par le Danois Lasse Norman Hansen.

Cette année-là, vainqueur du prologue à Vevey et du contre la montre, à Orbe, il était bien parti pour succéder à son compatriote Nathan Brown, mais harcelés par les Suisses et les Danois, ses équipiers américains l’avaient laissé seul dans le final et il avait craqué sous la pluie à 5 km de l’arrivée, cédant 57 secondes à Hansen, auteur d’un véritable coup de poker.

Bertrand Duboux, 29.7.18